P 4 - Le travail a commencé (…) Réagir c’est regarder en arrière, et c’est aussi se faire broyer comme l’arbre qui chute dans un torrent.

Benoît 21-09-1999 (15’)

Le travail a commencé. C’est désormais inexorable, il fallait mesurer les conséquences au moment où en nous étions tous à tirer des plans sur la comète. Ah ! Au début, cela se parait des couleurs de l’épicurisme ! Mais bien-sûr le passage à l’acte nécessitait quelques concessions pratiques… En matière d’investissement, à mettre tous les œufs dans le même panier vous vous êtes livrés pieds et poings liés à cette seule solution. Ensuite, soi-disant par économie, vous vous êtes fermés à toutes les alternatives de procédure qu’auraient permis des outils plus souples, modulables, et à peine moins coûteux. Enfin, pour le suivi de l’opération était-ce judicieux de voter les pleins pouvoirs à ce toqué mégalomane ? Maintenant, réussite ou échec, il est le seul à pouvoir déterminer la durée et la température… C’est irréversible, et réagir maintenant c’est risquer la brouille fatale ou plus de casse encore… on évitera sans doute l’omelette, mais durs ou mollets on ne le saura qu’à la fin. Réagir c’est regarder en arrière, et c’est aussi se faire broyer comme l’arbre qui chute dans un torrent.

Référence

Le Corbusier, Arts Décoratifs, Édition Champs, p 37.

Le travail a commencé. L’unanimité d’un sentiment neuf, celui d’une époque de précision où règne la machine, tend à établir des standards qui seront notre folklore. Élargissement du problème. abandon des caractères régionaux en faveur d’un caractère international. Les frontières tombent et tous les sites nous sont connus; seul l’homme subsiste entier avec des clairs besoins et une poétique plus élargie. Que viennent faire dans notre vie les résurrections qu’on nous propose ? Résurrection des arts régionaux, réinstauration de la langue d’oc, du costume breton ou tyrolien, du kimono ou du péplum de Duncan, de la vaisselle de Lunéville ?

Tout cela est passé, classé, chassé par un sentiment neuf. Réagir c’est regarder en arrière, et c’est aussi se faire broyer comme l’arbre qui chute dans un torrent.

 

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