L 9 - Accent - Feuilleté - Lune - Eau - Réveil

- Canari - Creuser - Plonger - Galop - Sac

- Lumière - Néon - Brulé - Consternant - Lunette

- Pont-L’Evêque - Moine - Gras - Vermoulu - Paillard

 

Véronique, 05-11-1999 : Insomnie

Je me réveille, il est trois heures du matin, impossible de retrouver le sommeil. Je me lève et me dirige vers la cuisine, j’ai un petit creux. Il est vrai que je n’ai pas mangé grand chose hier soir. J’allume le néon au dessus de la gazinière et je plonge la main dans mon sac à la recherche de mes lunettes. Qu’y a-t-il dans le frigo? consternant, du Pont-l'Evêque tout vermoulu dont l’odeur ferait fuir un moine au galop ! Il reste un feuilleté qui a l’air bien gras, mais bon ! Je le mets à réchauffer au micro-ondes. Je bois un peu d’eau fraîche dehors à la lumière de la lune. On dirait qu’elle voyage derrière les nuages… Je repense à la soirée d’hier avec Jim, avec son pull jaune canari, à l’accent traînard et au parler paillard au milieu de tout ces coincés. Zut, ça sent le brûlé !

 

Marie, 05-11-1999

Le réveil de Geoffroy le canari sonna d’un accent désagréable. ce matin, ce pauvre Geoffroy cherchait ses lunettes à tâtons, refusant la lumière froide du néon. peine perdue, il lui fallut ouvrir les yeux pour admettre la consternante vérité; on avait mis sa cellule à sac. La silhouette du voleur au galop se détachait sur fond de lune, à présent haute dans le ciel. misère de misère. Les meubles déjà vermoulus, n’étaient plus bons qu’à brûler. Les murs couverts de tags paillards. plus d’eau dans la baignoire. Impossible même pour Geoffroy de plonger dans le désespoir. Plus qu’une chose. aller déranger le moine de service au beau milieu de son petit déjeuner… heu… vendredi … Mathurin! Geoffroy se dit qu’il consentirait peut-être à creuser la question d’une enquête et surtout d’une réparation des dégâts entre le Pont l’Evêque et le feuilleté aux pruneaux.

 

Benoît, 05-11-1999 : Goliard maudit

Le moment le plus difficile était le réveil pour mâtine. Ce n’était pas la lune qui barrait sa cellule d’un trait de lumière blafarde qui plongeait notre moine dans la mélancolie, ni l’eau gelée de sa cuvette posée sur l’écritoire vermoulu. depuis son entrée à l’abbaye de Pont-l’Evêque, il s’était habitué et avait presque tout oublié de sa première vie de goliard lettré, gras et un peu paillard

Non, c’était ce sac qu’il trouvait devant sa porte chaque matin… et cela depuis qu’il avait remplacé le Père Médard à la bibliothèque. Un don de Dieu qu’on disait… transmis en direct par saint Michel archange, assuraient les plus vieux… En fait il aurait bien voulu le coincer une nuit celui qui lui déposait ce sac de mots. des mots à calligraphier tout le long du jour… Et cette fois là comme tant d’autres, il chaussa ses lunettes, plongea la main dans le petit carré de toile, et de ses yeux brûlés par le labeur déchiffra les mots du jour… "Accent, feuilleté, canari, creuser, galop, néon", enfin sans doute : "néant"… Il soupira… De toute façon avec ou sans fautes d’orthographe le message divin était quotidiennement vide et consternant.

 

Elisabeth, 05-11-1999

Monsieur Thomas, chauffeur de taxi de son état était marseillais, et il était doté d’un accent (marseillais) phénoménal. Son programme, bien chargé était ceci : Réveil, petit feuilleté à la confiture, douche à leau froide, gelée même, puis il s’habillait, disait au revoir à son canari et, hop, il sautait dans son taxi.Voici ce qui se passa. Monsieur Thomas attendait, assis sur son siège, dans son taxi, quand un moine monta.

"- A Pont-l’Evêque s’il vous plaît.

- Mais c’est trop loin! "s’écria Monsieur Thomas, "Je ne dépasse pas Marseille". Le moine derrière ses lunettes prit un air consterné "Mais il faut que j’y aille, je suis invité par une bande de paillards pour fêter un anniversaire". Le moine qui était bien gras soupira.

"- Mon cher Monsieur, je ne puis rien pour vous, faites donc de l’auto-stop. Ou alors je vous emmène à la gare! Ça, je le peux, je vais bien souvent à Saint-Charles. C’est à quelle heure votre truc ?

- A 21h00, mais il est déjà 15h00!

- Justement il vous reste du temps, allez faire un petit plongeon à la mer, creusez des châteaux de sable, cela vous détendra

- Mais je dois y être à 19h00 pour me préparer! Car nous devons galoper au clair de lune sur une pelouse à la fin de la soirée; cela sera magnifique, illuminé, plein de petites lumières. ensuite nous devons faire une course en sac sur un plancher vermoulu, puis nous irons nous coucher après avoir éteint les néons et brûlé les chandelles.

- Bizarre pour un moine " se dit Monsieur Thomas.

 

Sylvie, 05-11-1999 : Rencontres manquées

Le sac de Pont-l’Evêque eut lieu la nuit, à la clarté de la lune. Les Sarrasins étaient entrés au galop, réveillant les habitants alourdis par de gras feuilletés, plongeant la ville dans la terreur. Ils brûlèrent les portes vermoulues, les moines paillards, les canaris affolés de la volière du Château. Ils grimpèrent en haut du donjon où brillait une lumière. assis à sa table, éclairé d’une bougie (il n’y avait pas encore de néon) un vieil homme aux lunettes rondes et à l’accent indéfinissable leur dit : "Asseyez vous mes frères, et buvez donc un verre d’ eau : je trouve ces violences d’autant plus consternantes que j’étais en train de creuser l’interprétation d’un texte particulièrement épineux d’Averroès. peut-être pourriez vous m’aider ?"

 

Xavier, 05-11-1999

Les cloches sonnèrent le réveil. La lumière de la lune, blanche comme celle d’un néon entrait dans la cellule. "Mâtines" pensa le vieux moine, en plongeant la main vers ses lunettes sur le prie dieu tout vermoulu. Le feuilleté au Pont-l'Evêque du frère cuistot lui avait galopé sur le bide toute la nuit. Trop gras, trop de calories à brûler. Du frometon de paillard, un sac à vin, ce frère. Consternant. Un étrange chant monta de la sacristie. Le vieux moine se creusa les neurones. Que cela pouvait-il bien être? Etait-ce celui d’un canari, ce chant aux accents cristallins comme l’eau claire ? "Noël !"

 

Emmanuel, 05-11-1999

A mon réveil une forte odeur de fromage consternante. Je mets mes lunettes et aperçois un vieux Pont-l’Evêque gras et vermoulu. rapidement je le jette dans un sac que je plonge dans leau. Mais il est trop tard, mon canari est déjà agonisant à la lumière du néon. que faire ? Le brûler ou lui creuser une tombe? Je sors de chez moi au galop et tombe nez à nez avec le moine paillard au fort accent espagnol. Je lui pose ma question, mais ce dernier ne sachant que me répondre, me propose simplement un feuilleté à la mimolette en forme de croissant de lune.

 

François, 05-11-1999

La lune monte entre les arbres. Le canari s’éveille et chante dans la lumière blanche. Le moine rêve. Il rêve qu’il est devenu très gras, et que de très grosses femmes aux fesses comme des feuilletés l’entourent. Il chausse alors ses lunettes. Elles ont un accent étrange, de Pont-l’Evêque ou de Marseille, on ne saurait dire. Elles dansent un galop effréné, et leurs gros sacs de chair tressautent sous les néons. Mais le plancher cède, vermoulu, et les horribles fessues tombent à l’eau en hurlant de plaisir. Il est tenté de plonger, le moine, pour les poursuivre, mais leurs cris creusent ses tympans fatigués. Il se réveille en sursaut; Il brûle de fureur, et maudissant satan, il pense : Vraiment consternant ce cauchemar paillard.

 

Florence, 05-11-1999 : Allergie

Vite, galope chez le toubib, réveille le s’il le faut!

Ça me brûle là dedans comme si on creusait au marteau piqueur. A boire de l’eau par pitié. Dire que je vais crever là, à la lumière lunaire des néons, les tripes vermoulues. moi qui était gras comme un moine, capable de hurler toute la nuit des chansons paillardes avec l’accent. Où sont mes lunettes, que je voie la tête que j’ai, peut-être dans mon sac?

Voilà docteur, c’est consternant, il a replongé dans le feuilleté au Pont-l’Evêque