Q 6 - A qui s'adressent les griefs des nouveaux historiens ?
 

Clément, 16-07-1999

Eh oui, effectivement, encore une fois, question intéressante, qui vous taraude tous l'esprit, j'en suis sûr. car ces nouveaux historiens, ces fameux nouveaux historiens, qui remettent comme de jeunes chiens fous en cause - je vous le rappelle - les piliers de l'historianisme, si ce n'est de l'histoire elle-même. Oui, cette génération de nouveaux historiens si controversée que leur position devient insoutenable a des griefs, de nombreux griefs. A qui s'adressent ces griefs ? La question est bonne, ne serait ce que d'un point de vue technique, et pour y répondre je laisserai la parole s'il veut bien la prendre à Benoît, ici présent, dont la position est à l'avant garde même de ce mouvement.
 

Paul, 16-07-1999

A qui ? Aux anciens historiens bien sûr ! Conflit de génération, vous connaissez ? C'est pourtant simple ! Les jeunes trouvent les vieux cons, et pour les vieux les jeunes sont de petits cons. Pareil pour les historiens. de là à parler de griefs, ce n'est peut-être qu'une excuse pour masquer une réaction tout ce qu'i y a de plus naturelle, même s'ils ne l'admettent pas. Évidemment le point de vue est différent maintenant. Les anciens historiens étant, comme leur nom l'indique très clairement de l'histoire ancienne pour les nouveaux, qui n'ont évidemment pas l'expérience de l'histoire ancienne, ils n'étaient même pas nés.
 

François, 08-1999

Mais à tout un chacun. Comment en effet l'homme de la rue, vous, moi ne serions nous pas concernés par ces griefs puisqu'ils remettent en cause profondément, totalement le lien entre l'individu et la société. Cela semble un querelle épistémologique mais l'enjeu est métaphysique, il touche au coeur même du questionnement sur la liberté. Ces chaînes de causalités concernent l'humanité elle même, et non seulement le petit cercle de ceux qui tentent de secouer le joug des habitudes mentales de générations d'historiens installés dans leur ron-ron universitaire. Et la critique des mandarins ne symbolise-t-elle pas la révolte contre l'autorité abusive et usurpée dans tous les secteurs de la société?
 

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